Description du projet

Nous avons d’abord imaginé la vie des usagers au Jardin Mécano. Les principaux usages ont été implanté sur le site en respectant le principe de la diversité des activités, leurs imbrications et la densité de leurs implantations. Nous avons conçu l’espace public en nous demandant quel service il allait rendre à ses usagers. Constitué d’un jardin public et d’une rue qui travers le site en diagonale, l’espace public est animé de présences vigilantes jamais distantes de plus de 50m – commerces, concierges, services, kiosques, cafés, ateliers – dont les activités conditionnent l’espace public.

Les formes urbaines sont apparues, comme des éléments de lien qui articulent patrimoine industriel, ville haussmannienne, urbanisme de grand ensemble et voies ferrées. Elles sont tournées vers le soleil et rassemblées en deux ensembles avec, au Sud, des immeubles parisiens implantés à l’alignement de la rue Ordener et, au Nord, des immeubles formant un peigne avec la barre Andrézieux, gardant le centre du site libre pour accueillir un jardin public. Les immeubles sont constitués de volumes parallélépipédiques surmontés de maisons de ville, posés sur un socle de commerces et de services. Ils sont couverts par des toitures à deux pentes rappelant que “c’est le toit qui commence à fonder la maison” (1).

Arrivé à la fin de ce dialogue compétitif, on ne peut que constater l’influence de la pensée de Jane Jacobs sur notre travail. Activiste, mère de famille, pourfendeuse de la ville moderne, de l'”art de l’urbanisme” et de l’automobile, elle aura démarré son travail dans les années 1950 par la description minutieuse de la vie dans sa rue du Greenwich Village d’avant la gentrification, où les enfants jouent à proximité des artisans qui travaillent tout en les surveillant du coin de l’œil, des commerçants et leurs clients dont les noms rappellent qu’ils viennent de partout dans le monde. Elle aura défendu la diversité, inventé l’acupuncture urbaine, fait la promotion de la mixité et du désordre, et lié le succès d’un quartier au nombre d’enfants présents dans l’espace public.
”Sous un désordre apparent, il existe un ordre merveilleux autour duquel s’ordonnent la sécurité dans la rue, et la liberté dans la cité, cet ordre est complexe et à sa base il y a le dédale de la circulation piétonne qui engendre une suite infinie de témoins et d’observateurs”(2). Telle est l’organisation vers laquelle tend notre projet.

(1) Marie-Claire Bancquart, Rituel d’emportement poèmes, 1969-2001, Le Temps Qu’il Fait, Paris, 2003
(2) Jane Jacobs, Déclin et survie des grandes villes américaines, Parenthèses, Marseille, 2012


FICHE TECHNIQUE

Lieu
24 rue Ordener, Paris 18e
Maîtrise d’ouvrage
Espaces Ferroviaires Aménagement
Emerige, Ogic, promoteurs
Équipe de maîtrise d’œuvre, Mandataire
BiecherArchitectes, Christian Biecher assisté de Marine Fruchaud, Naoise Greene et Benjamin Hucorne, architectes
Architectes membres de l’équipe de maîtrise d’oeuvre
AAVP, Bourbouze et Graindorge Architectes, Nem Architectes, SLA-Paysagiste, TN+
Bureaux d’études et conseil
Oasiis, Setec TPI – bureaux d’études techniques, BOA-éclairagiste
Programme
Projet urbain comprenant jardin public, logement, artisanat, bureau, école-conservatoire, commerce, cinéma
Surface
3,8 ha